En savoir plus sur le film

Par Thierry Saint-Joanis,

président de la Société Sherlock Holmes de France

 

Ce qui est tiré du Canon holmésien – Cette aventure de Sherlock Holmes s’inspire de l’aventure de L’Interprète grec où Sherlock Holmes nous présente son frère Mycroft. Lors de la scène où Edward Woodward et John Hillerman visitent le Diogenes Club, l’époustouflante déduction que les deux frères pratiquent sur un ancien militaire vu dans la rue à travers une fenêtre du club, est identique à celle que l’on peut lire dans l’aventure de L’Interprète grec. Le reste de l’histoire est différent et emprunte quelques éléments aux aventures de La Seconde Tache et des Plans du Bruce-Partington où apparaît l’espion allemand Oberstein, et à celle du Traité naval. La présence de Moriarty évoque, pour sa part, les aventures du Dernier problème et de La Maison vide. Mais seul le personnage du professeur est utilisé.

Si le metteur en scène avait respecté le scénario de Charles E. Pogue et l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle, il lui était impossible de placer Moriarty face à Sherlock Holmes en 1914 car l’infâme professeur est mort en… 1891, précipité au fond des chutes du Reichenbach. Une mort bien plus spectaculaire que celle suggérée dans le film Hands of a Murderer. Dans le final, il y a bien une chute dans l’eau mais pas aussi spectaculaire que celle évoquée dans Le Dernier problème.

La dernière aventure originale de Sherlock Holmes citée dans le film est celle du Pouce de l’Ingénieur. Watson-Hillerman reçoit le numéro du Strand Magazine où elle est publiée et le présente à Holmes-Woodward. Malheureusement, dans la version française, une énorme erreur de traduction transforme le titre de cette aventure en « L’aventure de l’Ingénieur Thumb ». Si l’adaptateur avait été holmésien, il aurait su que, dans le cas présent, « Thumb », c’est le pouce que l’ingénieur perd dans l’aventure et pas le nom propre dudit ingénieur qui s’appelle, en réalité, Hatherley…

 

Un problème de date – Dans la version française, on entend Watson dater cette aventure du 12 avril 1900. En fait, l’action du film se déroule à la veille de la Première guerre mondiale, en 1914. Sherlock Holmes et Watson devraient alors avoir une soixantaine d ‘années (ils sont nés dans les années 1850). Quant à Mycroft, il frise les soixante-dix ans (il est l’aîné de Sherlock de sept années). Le professeur Moriarty, lui, devrait être tout aussi vieux. Et ne parlons pas de Wiggins, le « jeune » Baker Street Irregular, qui devrait fêter ses 50 ans en 1914. Le casting ne respecte donc pas la biographie holmésienne car les comédiens sont tous plus jeunes que leur rôle. Surtout Anthony Andrews dans celui de Moriarty. Cette incohérence résulte des changements opérés par Stuart Orme, le metteur en scène, sur le scénario original qui plaçait l’action fin 1880. Mais, s’il avait été respecté Edward Woodward et John Hillerman auraient été, dans ce cas, trop vieux pour leur rôle…

 

Le scénariste n’aime pas le film - Charles E. Pogue, le scénariste de Hands of a Murderer, avait déjà signé deux autres adaptations des aventures de Sherlock Holmes pour la télévision : Le Signe des Quatre et Le Chien des Baskerville, en 1983, dans lesquels le rôle du détective fut confié au comédien britannique Ian Richardson. Charles E. Pogue est entré dans l’univers holmésien quelques temps avant, alors qu’il était acteur, en jouant un petit rôle dans la pièce de théâtre The Crucifer of Blood où Sherlock Holmes était joué par Charlton Heston et Watson par Jeremy Brett (le futur Holmes de la série télé Granada). Après cette prestation, Charles E. Pogue se tourna vers l’écriture et rencontra le producteur Sy Weintraub qui envisageait de tourner une série de 22 téléfilms de deux heures dont Sherlock Holmes serait le héros. Il lui proposa sa version du Signe des Quatre puis celle du Chien des Baskerville. Les deux furent acceptées et tournées.

« J’aime mes manuscrits et je déteste la plupart des films qui en sont tirés, explique Charles E. Pogue. Mais j’aime beaucoup les adaptations de ces deux aventures holmésiennes. Surtout Le Chien des Baskerville. Les deux ont été récompensés par des prix (au Cattolica Mystery Film Festival et au Festival de Moscou). Ces succès m’incitèrent à écrire un troisième scénario holmésien mettant en scène le professeur Moriarty. Je l’intitulais The Napoleon of Crime. Ian Richardson le trouva encore meilleur que les deux premiers. Malheureusement, Sy Weintraub ne trouva pas un accord avec une chaîne de télévision pour poursuivre la série. Plus tard, j’ai vendu mon scénario à CBS qui en tira une adaptation que je ne trouve pas bonne et qui fut intitulée Hands of a Murderer. Ne me demandez pas pourquoi… Le rôle principal fut confié à Edward Woodward, pas assez filiforme à mon goût pour interpréter Holmes, et celui de Watson à John Hillerman, qui joua un docteur quasi somnambulique. Tous les deux ont avoué dans la presse qu’ils n’avaient pas lu beaucoup d’aventures de Sherlock Holmes pour préparer leur rôle. Le scénario fut retouché contre ma volonté et je trouve la mise en scène détestable. Dans ma version, un des personnages avait été mutilé lors de la révolte des Cipayes en 1857 aux Indes. Stuart Orme, le metteur en scène, a conservé ce personnage mais a déplacé l’action de l’aventure de la fin des années 1880, comme je l’avais pensée, pour qu’elle se déroule à la veille de la Première guerre mondiale. Mais le personnage, lui, a toujours une quarantaine d’année dans le film. Une aberration. »  

 

La rencontre de deux stars de la télévision – Edward Woodward et John Hillerman sont bien connus des fans de séries télévisés. Le premier est Robert McCall, le héros de la série The Equalizer (1985-89).

Le second est Higgins, le compagnon de Tom Selleck dans la série Magnum (1980-88). A noter que pour un épisode de Magnum, John Hillerman a déjà joué le rôle de Watson. Il s’agit de l’épisode (n°81) intitulé Holmes is Where the Heart Is avec, en guest star, Patrick Macnee, le fameux John Steed de la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Dans cet épisode, Higgins se souvient d’une aventure qui a eu lieu au printemps 1976. David Malcolm Worth, un de ses vieux amis, lui rend visite à Honolulu. Il se fait désormais appeler Stanley Sigerson (Sigerson étant l’un des pseudonymes utilisés par Sherlock Holmes). Sans doute victime de la folie, il se croit poursuivi par un assassin nommé Moriarty et demande à Higgins de devenir son Watson pour le retrouver.

Rare

DVD Sherlock Holmes

La Main
de l'assassin

 

Titre original : Hands of a Murderer (1990)

Acteurs : Anthony Andrews, Edward Woodward, John Hillerman, Kim Thomson, Peter Jeffrey
Format : Couleur, Dolby, PAL
Région : Région 2.
Studio : Pvb Editions
Date de sortie du DVD : 22 septembre 2003
Durée : 124 minutes

Neuf, sous blister

 

 

Prix "SSHF" 15 €(36,00 sur Amazon et 29,00 à la Fnac)

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Résumé : A La veille de la première guerre mondiale, l'Angleterre va enfin être débarrassée de celui que l'on surnomme le Napoléon du crime, l'infâme professeur Moriarty. Grâce à Sherlock Holmes, il est sous les verrous et l'on prépare sa pendaison. Mais, c'est sans compter sur sa bande qui organise une évasion spectaculaire. Libre, le professeur reprend ses activités et vole un code secret dans les bureaux du Foreign Office, ce qui risque de mettre en péril toute la défense du Royaume-Uni. Mycroft Holmes charge alors son frère de trouver les documents volés. Mais il ne se doute pas qu'il est lui-même en danger.

 

L'image est au format respecté 4/3 1.33 (téléfilm oblige). 
Coté son, pas de version originale, l'éditeur a tout misé sur la version française avec une remasterisation faite par le studio Maia. Nous avons ainsi droit à une piste DTS plein débit et une piste Dolby (toutes les deux bien évidemment en 5.1).

 

Bonus

L'éditeur s'est investi pour avoir des suppléments, réalisés en collaboration avec la Société Sherlock Holmes de France (SSHF) :
- Reportage de vingt-cinq minutes dans le musée parisien de la SSHF avec Alexis Barquin, Roland Nicolas et Thierry Saint-Joanis (un document historique, témoignage collector)
- Quizz
- Filmographies
- Bandes Annonces de "Le Saint", "Elémentaire mon cher Lock Holmes", "The Ipcress File", "Moulin rouge"
- 16 pages pour en savoir plus sur Sherlock Holmes, le docteur Watson et les Holmésiens de la SSHF.

 

Un DVD devenu introuvable. Nous vous le proposons ici à l'état neuf et sous son enveloppe blister d'origine. Derniers exemplaires avant épuisement définitif du stock !