La cabane équipée en cabine de bateau où le capitaine Carey,

alias Peter le Noir, est retrouvé harponné (Black Peter),

reconstituée par la SSHF au Louvre des Antiquaires en 1997

Le capitaine Carey, dit Peter le Noir, a été trouvé transpercé par un harpon, littéralement cloué sur l’un des murs de la remise de son jardin. L’inspecteur Hopkins a besoin des lumières du Maître...

 

Je ne me rappelle pas avoir connu mon ami dans une meilleure forme physique et intellectuelle qu’au cours de l’année 1895 », déclare le docteur Watson au commencement de cette affaire. Et on veut bien le croire ! On y découvre un Sherlock Holmes occupé à harponner une carcasse de porc dans l’arrière boutique d’un boucher, cela afin d’établir les circonstances de la mort du capitaine « Black Peter » Carey, retrouvé cloué au mur de sa remise. 

En inspectant la dépendance, que Carey appelait sa cabine, Holmes, accompagné de Watson et de l’inspecteur Hopkins, découvre que l’endroit a été visité depuis la nuit du crime. L’intrus se nomme John Hopley Neligan, fils d’un banquier disparu en mer du Nord. Neligan, qui est arrêté pour le meurtre, jure n’avoir cherché qu’à élucider les circonstances de la mort de son père. Holmes, sous le pseudonyme d’un certain Capitaine Basil, passe une annonce pour constituer une expédition polaire. Lorsque Patrick Cairns, harponneur, se présente, il est aussitôt arrêté. Neligan avait été secouru après son naufrage par Peter le Noir, mais ce dernier l’a rejeté à la mer après l’avoir dépouillé. Cairns a été témoin de l’acte, et cherchait à toucher sa part du butin. N’obtenant rien, sous le coup de la colère, il a planté le capitaine au mur de sa cahute.

Observez bien tous les éléments du décor, et soyez attentif aux objets. C’est à partir de leur observation que Holmes établira l’une des plus belles déductions de sa carrière.

 

Vous voilà devant une cabane décorée comme une cabine de bateau. Vous êtes dans le Sussex, près de Forest Row, à côté d’une petite maison appelée Woodman’s Lee. La petite bicoque ne comporte qu’une seule pièce de 4,5 m sur 3 m. Il y a de petites fenêtres de chaque côté, couvertes de rideaux, jamais ouvertes.

Vous voyez une tache de sang et un trou dans le mur. Il y a une couchette dans un coin, une malle de marin, des cartes terrestres et marines, une image de la Licorne des mers (un baleinier), une rangée de livres de bord sur un rayon, tout exactement tel qu’on s’attendrait à le trouver dans la cabine d’un capitaine. Une panoplie de trois harpons est au mur dont celui qui a servi au crime. Sur la table, il y a une bouteille de rhum et deux verres sales. Sur le coffre, on trouve un tantalus (une cave à liqueurs) qui contient du whisky et du brandy (les carafons sont pleins). 

Il y a une blague à tabac sur la table (au milieu). Elle est en peau de phoque brut avec le poil raide et une languette de cuir pour la nouer. Il y a les lettres P et C sur le rabat. Elle contient une demi-once de fort tabac de marin.

Sur le plancher, il y a un calepin recouvert de tissu à l’extérieur rugueux et usé avec une tache de sang (côté parquet). Les feuillets sont décolorés. Sur la première page sont inscrites les initiales JHN et la date 1883. Sur la deuxième page, CPR. Puis plusieurs pages de nombres. Autres en-tête : Argentine, Costa Rica, Sao Paulo.

Aux pieds du mort, il y a un couteau dans son fourreau. 

Le temps de la réflexion est venu...